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Réglementation Août 2026 · 6 min de lecture

Votre fournisseur d'IA est-il en règle ?

Depuis le 2 août 2025, les fournisseurs de modèles d'IA à usage général ont des obligations documentaires précises. Depuis le 2 août 2026, les autorités ont les moyens de les contrôler. Voici les quatre documents à réclamer, et ce qu'ils doivent contenir.

Qui doit quoi, en une minute

L'AI Act distingue deux rôles. Le fournisseur est celui qui met le modèle ou le système sur le marché. Le déployeur, c'est vous, l'entreprise qui l'utilise dans son activité.

Ces deux rôles ont des obligations différentes, et elles ne se transfèrent pas. Vous n'êtes pas responsable de la documentation technique d'un modèle que vous n'avez pas construit. En revanche, vous êtes responsable de la manière dont vous l'utilisez, et vous devez pouvoir en rendre compte.

Le point de jonction est là : pour justifier vos propres choix, vous avez besoin d'informations que seul le fournisseur détient. C'est précisément ce que l'AI Act l'oblige à vous transmettre.

Les quatre documents à réclamer

Depuis le 2 août 2025, tout fournisseur d'un modèle d'IA à usage général (les grands modèles de langage entrent dans cette catégorie) doit produire quatre choses.

Document Ce qu'il doit contenir
Documentation technique du modèleDescription du modèle, de son processus d'entraînement, de ses évaluations, tenue à jour
Information aux intégrateursCapacités, limites connues, usages pour lesquels le modèle n'est pas adapté
Politique de respect du droit d'auteurComment le fournisseur respecte le droit d'auteur européen, notamment les réserves d'exploitation
Résumé des données d'entraînementUn résumé suffisamment détaillé des contenus utilisés pour entraîner le modèle, rendu public

Les grands fournisseurs publient généralement ces éléments sur leur site. Le travail consiste à les retrouver, à vérifier qu'ils sont à jour, et à en conserver une copie datée dans votre dossier de conformité.

Les questions à poser à un intégrateur ou à un éditeur métier

Beaucoup d'entreprises n'utilisent pas un modèle directement, mais un logiciel métier qui en embarque un : un CRM avec assistant intégré, un outil de recrutement, un logiciel de gestion. Dans ce cas, votre interlocuteur n'est pas le fournisseur du modèle, et les questions changent.

  • Quel modèle est utilisé sous le capot, et par quel fournisseur est-il édité ?
  • Où les données que je saisis sont-elles traitées, et par quelle entité juridique ?
  • Mes contenus sont-ils utilisés pour entraîner ou améliorer des modèles ? Si oui, puis-je m'y opposer ?
  • Combien de temps mes échanges sont-ils conservés, et sous quelle forme ?
  • Le produit sera-t-il classé comme système à haut risque au titre de l'AI Act, et si oui, quel est votre calendrier de mise en conformité ?

Cette dernière question a pris tout son sens depuis le report des obligations haut risque à décembre 2027. Un éditeur sérieux a un calendrier. Un éditeur qui découvre le sujet vous répondra de façon évasive, et c'est déjà une réponse.

Ce que vous devez produire de votre côté

Deux obligations vous incombent directement, quel que soit votre fournisseur, et elles sont en vigueur.

La première est la littératie en IA, entrée en application le 2 février 2025. Les personnes de votre entreprise qui utilisent ces outils doivent avoir un niveau de connaissance suffisant pour comprendre ce qu'elles manipulent. Une demi-journée de formation documentée suffit à répondre à l'exigence pour la plupart des PME.

La seconde est la transparence de l'article 50, applicable depuis le 2 août 2026, qui vous impose d'indiquer quand une personne interagit avec une IA ou quand un contenu a été généré par une IA. Nous détaillons ce point dans un article dédié.

Un dossier de conformité, ce n'est pas un classeur juridique. C'est cinq documents datés dans un dossier partagé, que vous pouvez sortir en dix minutes.

Le dossier minimum, en pratique

Voici ce que nous mettons en place chez nos clients. C'est volontairement léger, parce qu'un dispositif trop lourd n'est jamais tenu à jour.

  • La liste des outils d'IA utilisés dans l'entreprise, avec pour chacun le fournisseur, l'usage et le responsable interne.
  • Une copie datée de la documentation fournisseur pour chaque outil qui traite des données personnelles.
  • Vos règles internes d'usage, deux pages suffisent : ce qui est autorisé, ce qui ne l'est pas, qui valider en cas de doute.
  • La trace de la formation suivie par les utilisateurs, avec la date et les participants.
  • Les échanges écrits avec vos fournisseurs, y compris les questions restées sans réponse.

Ce dernier point est souvent négligé et pourtant c'est le plus protecteur. La CNIL comme les autorités de surveillance du marché considèrent la documentation des choix comme le point le plus regardé. Une question posée par écrit, même sans réponse, prouve que vous vous êtes posé la question.

Questions fréquentes sur la conformité des fournisseurs d'IA

Suis-je responsable si mon fournisseur d'IA n'est pas conforme ?

Vous n'êtes pas responsable des obligations qui pèsent sur le fournisseur du modèle. En revanche, vous restez responsable de l'usage que vous faites de l'outil dans votre entreprise, et de vos propres obligations, notamment celles du RGPD si vous traitez des données personnelles et celles de l'article 50 de l'AI Act sur la transparence si vous exposez des personnes à un système d'IA. Utiliser un fournisseur qui ne fournit aucune documentation vous met en difficulté, parce que vous ne pouvez pas justifier vos propres choix.

Quels documents un fournisseur d'IA doit-il me transmettre ?

Depuis le 2 août 2025, les fournisseurs de modèles d'IA à usage général doivent tenir une documentation technique à jour, fournir aux entreprises qui intègrent leur modèle les informations nécessaires pour comprendre ses capacités et ses limites, mettre en place une politique de respect du droit d'auteur européen, et publier un résumé suffisamment détaillé des contenus utilisés pour l'entraînement. Ces quatre éléments sont la base de ce que vous pouvez légitimement réclamer.

Que faire si mon fournisseur refuse de répondre ?

Un refus, ou une réponse évasive, est en soi une information utile pour votre décision. Conservez la trace écrite de votre demande et de la réponse : elle documente votre diligence. Puis évaluez le risque réel selon vos usages. Pour un usage sans données personnelles et sans décision automatisée, le sujet est mineur. Pour un usage qui touche des données de clients, de salariés ou de candidats, l'absence de documentation est un motif sérieux de chercher une alternative.

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